Le désir est l'essence de l'homme
" Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir demeurer en repos, dans une chambre", écrivait Pascal (cf. "Pensées"). On ne peut partager ce constat tant il est vrai que l'horizon de nos aspirations ne se limite jamais à ce qui nous est instantanément donné: dans notre rapport au monde, aux autres, et d'abord à nous-même, nous aspirons à autre chose qu'à ce que nous avons déjà, à ce qui est déjà là.L'homme est un, être de désir, mais est-ce vraiment ou seulement, la cause de ses malheurs? On aurait envie d'objecter à Pascal qu'un homme au repos absolu se priverait aussi de toute joie : La chambre ressemblerait très vite à une prison...Une faculté vitale
Car avant d'etre une source de tristesse, voire de malheur, le désir est une condition essentiel de la vie humaine : désirer, c'est d'abord désirer inscrire son existence dans la durée, puisque le désir est inséparable de la projection dabns l'avenir (de la représentation de sa satisfaction).
Spinoza, tout particulierement,a mis en avant cette conception tres positive du désir.Puissance d'affirmation de la vie c'est le désir quio donne de la valeur a ses objets et non l'inverse: c'est parce que nous désirons une chose que nous la jugeons bonne, le désirable ne préexiste pas au désir,il est crée par lui. "La faculté de désirer" ecrira kant un pêu plus tard, est" la faculté d'etre par ses représentation,cause des objets de ses représentations. La faculté que possède un être d'agir conformément a ses representatio,n s'appelle la vie".Que le désir soit aussi cause de nos peines ne contredit pas l'affirmation que le désir et la vie ne vont pas l'un sans l'autre.
Notre condition d'etre désirant est ambigüe.Nos peines, en effet viennent souvent du désir non satisfait. Mais l'insatisfaction devient a son tour source de nouveau désir, ne serait-ce que par l'aspiration a vaincre les désirs qui cause ses peines.
Dans le même temps nos joies les plus intenses nous viennent générallement de la satisfaction de nos désirs les plus fondamentaux.Et cette satisfaction est a son tour a l'origine de nouveaux désirs... D'où la question :
L'homme est-il condamné à l'insatisfaction perpetuelle de ses désirs?